"Je me sens très différent de Philip K. Dick car ses problèmes avec la réalité sont liés avec la drogue. Tandis que moi, cela a plus à voir avec la psychologie, les croyances, etc.” Malgré cette différence de taille, Les deux auteurs rendent floues les frontières entre science-fiction et fantastique : “Je suis plus intéressé par l’imaginaire et le fantastique. En Grande Bretagne et aux USA, c’est plus facile à publier que la science-fiction. La science-fiction permet de regarder comment vont se passer les choses à partir de données scientifiques. En fantastique, il n’y a pas de règles, tout peut arriver.” À la lecture de Futur intérieur, il est tentant de faire un parallèle avec les réalités virtuelles que proposent Internet et les jeux vidéos. Seulement, en 1977, Internet n’existait pas encore. “J’ai piqué l’idée à minitel”, explique-t-il avec un sourire. “Quand j’ai écrit ce livre, je pensais surtout aux enfants qui s’inventent des jeux. Les enfants savent que leur jeu n’est pas la réalité. Les adultes font la même chose tout en essayant d’y trouver quelque chose d’utile.”
À l'époque du tournage de « Blade Runner », vous aviez eu de nombreuses tensions avec Ridley Scott. D'une mésentente avec un réalisateur peut donc naître un film culte ?
Ma relation avec Ridley n'a pas été aussi catastrophique qu'on l'a dit. Et nous ne nous sommes pas brouillés. C'est devenu une légende. Je ne nie pas les désaccords et les disputes vigoureuses avec Ridley mais j'ai toujours admiré son intelligence, sa façon de filmer. Les complications dans le processus créatif ne définissent pas l'expérience.





